Cession par le Gouvernement congolais de 80 000ha de terres arables : Déclaration de la LPC-U.

Posté par lpcumoja le 3 avril 2011

Déclaration de la Ligue Panafricaine du Congo-Umoja (LPC-U)

Suite à la cession par le Gouvernement Congolais des terres arables à des fermiers Sud-africains.

La Ligue Panafricaine du Congo-Umoja (LPC-U) exprime sa vive indignation et sa profonde désapprobation suite à la signature par le Gouvernement congolais et des fermiers Sud-africains réunis en société anonyme (Agri SA), ce 10 Mars 2011, d’un accord portant sur la cession par le Congo de 80 000 hectares (ha) de terres arables pour un bail de 99 ans.

En effet, à en croire le ministre des Affaires foncières et du Domaine public, Pierre Mabiala, au cours dune interview accordée à la radio France internationale (RFI), « il s’agira pour le Congo, au travers de cet accord, à la fois de réaliser l’essor de son agriculture, d’assurer sa sécurité alimentaire et de générer des emplois dans les départements concernés (Bouenza et Niari) ». Or, rien dans le ledit accord ne va dans le sens d’une quelconque obligation de transfert de techniques agropastorales aux paysans congolais, de l’emploi de jeunes autres qu’à des tâches subalternes ou de privilégier le marché national. De l’aveu même de Tho De Jager, Vice-président d’Agri SA, la partie sud-africaine n’est soumise à aucune obligation de ce genre.

Partout en Afrique où l’expérience a été tentée   et ce, quels qu’en soient les partenaires (Chine, Corée du sud, Pays pétroliers arabes, Fonds de pension, Banques occidentales etc.), les produits issus de l’exploitation de ces terres sont surtout destinés au marché international.

La Ligue Panafricaine du Congo-Umoja estime que seule une politique agro-pastorale et agro-alimentaire d’envergure, pensée et conçue dans un cadre panafricain peut sortir le Congo et l’Afrique de sa dépendance alimentaire. Cette politique au centre de laquelle sera mis le paysan africain donnera la latitude à nos gouvernements de mutualiser les moyens et de mieux répartir les investissements dans différents domaines inhérents à l’agriculture ; de la recherche agronomique en passant par la production, la transformation et la commercialisation de denrées agricoles.

La souveraineté d’un Etat n’est pas une notion creuse, mais elle s’incarne dans la maitrise de ses attributs (monnaie, ressources stratégiques, industrie, éducation…) par les peuples concernés. Par conséquent, plus que la sécurité alimentaire, les peuples d’Afrique ont besoin d’une souveraineté alimentaire. Car comment parler de sécurité alimentaire quand les détenteurs des exploitations agricoles n’ont que des motivations mercantiles, propices à l’exploitation des cultures d’exportation, contraires  au métabolisme de base des populations ? Qui, mieux que les populations elles-mêmes, peut garantir leur  propre sécurité alimentaire ?

Par ailleurs, il est inadmissible que le gouvernement ait décidé de façon unilatérale et opaque de céder nos terres pour une durée d’un siècle, sans qu’aucune force vive n’ait été au préalable consultée. La terre n’est pas un bien quelconque dont on peut disposer avec autant de légèreté. Faut-il en rappeler  le caractère sacré ?

Aussi, la LPC-U interpelle le gouvernement congolais mais aussi les autres gouvernements africains qui se sont lancés dans la marchandisation de ce patrimoine à des capitaux étrangers, du risque que l’Africain un jour soit dépossédé  de  ce qui lui reste : son sol. Etrangers sur les terres de leurs aïeux, nos paysans n’auront d’autre choix que de grossir le nombre de miséreux dans les grandes villes, quand  ils ne se feront pas candidats à l’immigration clandestine sous des cieux de plus en plus inhospitaliers. Il est pour le moins irresponsable que nos gouvernements africains, avec le passé qui est le nôtre (Yovodah, colonisation, néocolonisation etc.); déjà asservi sur notre propre territoire, soient si peu soucieux de préserver la souveraineté du continent encore lézardée depuis déjà plus de quatre siècles.

L’histoire a la fâcheuse tendance à se répéter chez les peuples qui ignorent tout de leur passé ou qui n’en tirent pas les leçons pour édifier le présent et préparer l’avenir. La question de la terre a été au fondement de l’idéal panafricain, c’est pourquoi la Ligue Panafricaine du Congo-Umoja, se voit interpeller au premier chef. Car, l’histoire nous rappelle que six ans après la sinistre conférence de Berlin de 1884 qui consacra le partage de l’Afrique, Henry-Sylvester Williams (1869-1911), Avocat au barreau anglais, Afro-descendant de Trinidad et conseiller juridique sur des questions agraires auprès des chefs coutumiers d’Afrique australe, profita du contexte de l’Exposition Universelle de Paris pour convoquer en 1900 à Londres la Première Conférence Panafricaine, afin d’attirer l’attention de la Communauté internationale sur les doubles convoitises des émigrants Boers et de la Compagnie à Charte de Cecil Rhodes.

La non-résolution de cette situation dénoncée très tôt par celui qui est l’un des pères du Panafricanisme, conduira aux deux régimes coloniaux et ségrégationnistes les plus longs et les plus féroces sur le continent africain : l’Apartheid en  Rhodésie (actuel Zimbabwé), et en Afrique du Sud.

Pour finir, qu’il ne soit pas vu dans cette déclaration un acte de xénophobie à l’endroit de nos frères d’Afrique du Sud. Seulement, nous sommes ici dans une situation toute particulière. Les fermiers dont il est question sont les mêmes, descendants des émigrants Boers, qui concentrent et exploitent  la majorité des terres arables, acquises illégalement par leurs aïeux,  en Afrique du sud mais aussi dans d’autres pays de la sous-région. La Ligue Panafricaine du Congo-Umoja attire l’attention de l’African National Congress (A.N.C), parti panafricain actuellement au pouvoir en Afrique du sud,  de ce que la question de la réforme agraire à laquelle ce pays frère est confronté ne saurait être réglée en la sous traitant dans d’autres pays africains. La fibre panafricaine que la L.P.C-U.et l’A.N.C. ont en partage devrait orienter nos réflexions vers des solutions africaines concertées et consensuelles.

C’est maintenant ou jamais que les Nations soucieuses des droits humains doivent  défendre la dépossession des Peuples par des régimes illégitimes avec la complicité du capital, au lieu de n’avoir qu’une vision sélective quand ils réclameront leur patrimoine. Qu’il ne soit pas fait de procès pour racisme le jour où le peuple congolais, rétabli dans ses droits, exigera légitimement la restitution de ces 80 000 ha de terres, sans contrepartie; l’expérience de nos frères du Zimbabwe est suffisamment édifiante aujourd’hui.

La Ligue Panafricaine du Congo-Umoja veut rassurer le Peuple congolais de ce que le droit international reconnaît la nécessité de prendre en compte la nature du régime qui a contracté les dettes et cédé le patrimoine national, et l’utilisation qui en a été faite. Ce qui implique la responsabilité directe des créanciers et autres marchands qui ne peuvent pas ne pas savoir, qu’ils contractent avec des régimes illégitimes et anti-peuples.

Fait à Paris, le 31 mars 2011

Pour la Ligue Panafricaine du Congo – UMOJA (LPC-U)

Le Bureau Exécutif

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COMMUNIQUE DE LA LIGUE PANAFRICAINE DU CONGO-UMOJA (LPC-U) SUR LE CRASH DE L’ANTONOV SURVENU A POINTE-NOIRE.

Posté par lpcumoja le 26 mars 2011

COMMUNIQUE :

DE LA LIGUE PANAFRICAINE DU CONGO-UMOJA (LPC-U)

A PROPOS DU CRASH DE L’ANTONOV DE LA COMPAGNIE CONGOLAISE

TRANS AIR CONGO (TAC)  A POINTE-NOIRE

Site : http://lpcumoja.unblog.fr/

 Chères familles si durement éprouvées,

 C’est avec une grande tristesse et une profonde consternation que nous, Ligue Panafricaine du Congo – UMOJA (LPC-U), avons appris la catastrophe aérienne d’un avion cargo Antonov de la Trans Air Congo (TAC) qui s’est écrasé à l’atterrissage sur un quartier d’habitations de Pointe-Noire (Kitoko Daniel). Catastrophe intervenue lundi 21 mars 2011 et ayant causé une vingtaine de victimes décédées et plusieurs blessés.

 Face à une épreuve si tragique, la Ligue Panafricaine du Congo – UMOJA (LPC-U) adresse ses Profondes et sincères condoléances aux familles des victimes, à leurs proches, à tous les Congolais pour ce deuil national et souhaite prompt rétablissement aux Rescapés du crash.

 Par ailleurs, alors que la douleur des familles des victimes et des Rescapés est encore béante, nous venons d’apprendre par diverses dépêches congolaises dont la source est la « Radio Okapi », que des restes humains se retrouvent dispersés aux quatre coins de la ville, suite au déblayage des décombres des lieux du crash autorisé par les autorités municipales et préfectorales.

 La Ligue Panafricaine du Congo – UMOJA (LPC-U) élève sa vive consternation face à si peu de cas manifesté aux êtres humains, de surcroît fauchés dans les conditions si dramatiques, et s’interroge sur de telles précipitations à vider le lieu du crash sans s’assurer que toutes les victimes aient été retrouvées et que les débris d’avion cargo rassemblés pour les besoins de l’enquête.

cliquez sur ce lien pour visionner la vidéo

(Photos de Marc Thomas, Photographe à Pointe-Noire)

Depuis que le ciel africain a été « libéralisé » en novembre 1999, il existe une sorte de consécration des principes physiocrates : « laissez faire les hommes ; laissez passer les marchandises », d’autant que les statistiques sont formelles : pour 5% à peine du trafic aérien mondial, l’Afrique a par exemple compté de 2006 à 2008, 6 fois plus d’accidents d’avion que le reste du monde (chiffres de l’OACI, Organisation de l’aviation civile internationale) ! Ce qui est véritablement un comble.

 Bien entendu, en tant que Panafricains, nous ne pouvons céder à la tentation de penser un seul instant à une quelconque fatalité du ciel africain ou à une malédiction qui viendrait de ténèbres.

 Il faut juste se rappeler qu’en 2005 l’Anac (Agence nationale d’aviation civile), publiait le communiqué suivant :

 « Brazzaville, Congo, 20/09/05  -  Les aéronefs de type Antonov 24 encore utilisés par des compagnies aériennes congolaises en dépit de leur état de vétusté avancé seront interdits de vol au Congo à partir de juillet prochain.

A compter du 1er juillet 2006, tous les avions de type Antonov en exploitation dans le transport des passagers seront interdits de vol sur le territoire national ».

 Curieusement, cette mesure ne concernait pas les Antonov 26 (cargos), prise au lendemain du crash d’un avion de même type d’Air Kasaï, compagnie privée de la République démocratique du Congo, intervenu à plus de 50 km au nord de Brazzaville alors que ces appareils présentent en cas de crash strictement les mêmes risques pour les populations au sol.

 Nous sommes bien en présence des fautes lourdes et graves des autorités publiques qui, par incompétence, négligence et irresponsabilité ont exposé les populations aux risques pourtant prévisibles. Ce drame vient s’ajouter au chapelet interminable des souffrances endurées par les Congolais.

 Par conséquent, il est illusoire d’attendre des autorités publiques congolaises une enquête impartiale sur cette catastrophe d’autant que les conflits d’intérêts entre les responsables politiques et les détenteurs des entreprises privées sont un secret de polichinelle.

 Les autorités publiques congolaises ont réussi à faire de ce pays, une zone où toute réglementation y est interdite. Il y règne une sorte de totalitarisme du Rien, du Néant et du Chaos, l’utopie accomplie du «Laisser Faire», et surtout du «Laisser Passer».

 Chères familles éprouvées,

 La Ligue Panafricaine du Congo – UMOJA (LPC-U) vous assure qu’elle est de tout cœur avec vous dans cette terrible épreuve.

 

Fait à Paris, le 26 mars 2011

 Pour la Ligue Panafricaine du Congo – UMOJA

                                                                                                                                                                       (LPC-U)

Contact :

Site : http://lpcumoja.unblog.fr/

Mail : lipaco.33@gmail.com

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