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Texte intégral de l’intervention de M. Henda Diogène SENNY, Secrétaire Général de la LPC-UMOJA au Colloque sur l’impasse démocratique en Afrique Centrale.

Posté par lpcumoja le 20 juin 2012

CONTRIBUTION DE LA LIGUE PANAFRICAINE DU CONGO  -  UMOJA (LPC-Umoja)
AU COLLOQUE SUR L’AFRIQUE CENTRALE

 Samedi 9 JUIN 2012 A MONTREUIL

 

       I.            Remerciements

Au nom de notre organisation, la Ligue Panafricaine du Congo – UMOJA (LPC-U), je remercie le Comité d’initiative d’avoir pris, non seulement, cette initiative, mais aussi d’avoir pensé à nous associer au prestigieux panel des intervenants.

Je profite encore de cette occasion pour dire toute notre gratitude et notre fierté à l’endroit de l’UPC, membre de ce Comité d’initiative, figure emblématique et avant-gardiste de la lutte anticoloniale, à travers ses grands leaders, morts pour la patrie africaine, dont les noms résonnent encore dans nos mémoires.

Enfin, je voudrais informer l’assemblée que la Ligue Panafricaine du Congo – UMOJA (LPC-U), organisation au nom de laquelle, j’interviens, deviendra, à compter du 24 juin 2012 : « Ligue Panafricaine – UMOJA (LP-U) ». Cette évolution, répond à une demande persistante de nos frères et sœurs de lutte, du Gabon, du Centrafrique… pour ne citer que ceux, qui souhaitent s’approprier « Ligue Panafricaine – UMOJA » dans leur territoire respectif.

Par conséquent, la Ligue Panafricaine du Congo – UMOJA (LPC-U), devient la première Section Territoriale de la Ligue Panafricaine – UMOJA (LP-U). Cette dernière assurera la coordination de toutes les Sections Territoriales qui lui seront rattachées organiquement. L’avantage de cette structuration est de parvenir à couvrir l’ensemble du territoire africain, ainsi d’amplifier la lutte.

    II.            Introduction

En tant qu’organisation panafricaniste, le vocable « Afrique Centrale », ne peut que nous réjouir, car il tranche avec les vues politiques étroites, confinant à l’ethno-régionalisme, auxquelles, malheureusement, depuis au moins deux décennies, l’Afrique noire s’est habituée.

Pour en venir au thème général de ce Colloque, rappelons-le :

« L’impasse des transitions démocratiques en Afrique : le cas de l’Afrique Centrale »

Il nous a semblé que l’on ne peut traiter de l’impasse des transitions démocratiques actuelles, sans comprendre pourquoi, les alternances démocratiques des années quatre-vingt-dix, dans les cas où elles ont pu avoir lieu, en Centrafrique ou au Congo-Brazzaville par exemple, n’ont pu durablement enraciner la démocratie. Ainsi, nous proposons le titre suivant à notre intervention :

« Alternance démocratique ou De la Conquête de la Souveraineté à l’indispensable Unité politique »

De nos jours, lorsqu’on évoque les transitions démocratiques en Afrique noire, le point de départ qui sert de moment de lancement, est bien le vent de démocratisation qui a touché l’Afrique noire au début des années quatre-vingt-dix, dans le contexte de la fin de la bipolarisation Est-Ouest.

À bien y regarder de près, il semble que les acteurs et les causes à la base des régimes totalitaires et dictatoriaux qui ont régné entre 1960 et 1990 en Afrique noire, et qui ont abouti aux contestations populaires des années quatre-vingt-dix, sont quasiment les mêmes aujourd’hui, à quelques exceptions près.

En ce qui concerne l’Afrique Centrale, nous avons toujours d’un côté, les anciennes puissances coloniales (La France, la Belgique et leurs alliés Occidentaux), garantes des pouvoirs locaux, au travers des bases militaires, le contrôle monétaire (Franc CFA), l’accaparement des ressources stratégiques grâce aux puissantes multinationales…, et de l’autre, des dirigeants africains, installés au pouvoir avec l’appui des anciens colonisateurs ; à la différence près qu’aujourd’hui, même les urnes peuvent générer des dictatures d’autant que les certificateurs sont les mêmes puissances coloniales, cachées derrière les nébuleuses d’ONG et de l’OIF.

Si nous sommes tous d’accord avec ce constat, alors la véritable question qui mérite d’être posée est de savoir, connaissant parfaitement la nature des causes et les acteurs qui ont abouti aux régimes totalitaires et dictatoriaux, est-ce que l’analyse des acteurs du changement des années quatre-vingt-dix, était-elle à la hauteur des défis auxquels nos pays étaient confrontés ?

Comme aujourd’hui, la situation politique de l’Afrique Centrale au début des années quatre-vingt-dix était caractérisée, non seulement par un déficit démocratique criard, mais aussi par une absence de souveraineté manifeste dans les domaines militaires (bases militaires de l’ancien colonisateur), économiques (perpétuation de l’économie coloniale extravertie) et monétaires (contrôle du Franc CFA). Il s’agit là d’un système, conçu, au sortir de la colonisation afin de permettre aux anciens colonisateurs de garder le contrôle sur les anciennes colonies.

Par conséquent, lorsqu’un pays n’a pas de souveraineté réelle, il ne s’agit pas simplement d’alternance démocratique qu’il faut conquérir, mais d’un changement systémique, quelque chose qui va au-delà d’un simple changement de régime.

Nous tenterons de montrer les limites de l’analyse des acteurs du changement des années quatre-vingt-dix, ayant abouti hélas à l’impasse d’aujourd’hui (III). Les mêmes causes produisant les mêmes effets, les oppositions actuelles n’ayant pas tiré les conséquences des années quatre-vingt-dix, l’alternance démocratique revendiquée à cor et à cri ne changera pas fondamentalement la situation.

Convaincue de notre communauté de destin, la Ligue Panafricaine du Congo – UMOJA, dans un double mouvement intimement lié, propose d’engager le combat de la reconquête de la souveraineté de nos pays, tout en construisant l’Unité politique d’Afrique Centrale, partant de l’Afrique noire, seule issue politique durable, susceptible de créer les conditions d’un véritable développement (IV).

 III.            Les limites d’analyse des acteurs du changement des années quatre-vingt-dix : l’alternance démocratique

L’alternance démocratique suppose le changement dans un même système politique, imparfait certes, mais qui nécessite juste des corrections grâce au changement de régime. Autrement dit, les revendications des droits politiques : droits de vote, droit d’association, liberté de circulation ou liberté d’expression, qui aboutissent en fait à aménager les règles de la compétition politique entre les membres de l’élite politique, sans remettre en cause fondamentalement le système, constituent la base de l’analyse des acteurs du changement d’hier et d’aujourd’hui.

Les mêmes opposants, qui dans les années soixante-dix, qualifiaient les pouvoirs africains de néocoloniaux, c’est-à-dire, une nouvelle forme de colonisation basée sur l’exploitation des pays africains, par l’intermédiaire des régimes à la solde des anciennes puissances colonialistes, au nom du pragmatisme politique dit « realpolitik » et pour être accepté par la « Communauté internationale », ont renoncé à poser le problème majeur de la Souveraineté, donc du système, car l’époque ne prêtait plus à porter l’adjectif d’anticolonialiste ou d’indépendantiste.

Ce qui fait que nous nous sommes retrouvés dans un paradoxe extraordinaire, insuffisamment ou presque jamais relevé,  qui consiste à proposer le développement au Peuple avec des fictions d’États et des souverainetés illusoires.

Ceci dit, pour comprendre la façon dont s’est imposé le maquillage d’une réalité politique, pourtant facilement perceptible et décrié par les mêmes opposants dans les années 70, il convient d’analyser les périodes de transitions et les nouvelles règles de compétition politique qui y ont été installées.

1.      Les transitions démocratiques des années quatre-vingt-dix

À l’apogée des contestations populaires des années quatre-vingt-dix, la Communauté internationale, disons simplement, les représentants politiques des créanciers des États africains, ont pesé de tout leur poids afin que les oppositions en passe de remplacer les régimes décriés en place et qu’ils avaient contribué à installer ou à susciter carrément, acceptent l’héritage lourd des dettes illégitimes et odieuses responsables des politiques sociales et économiques drastiques, au risque de courir l’isolement international. Rappelons qu’en début des années quatre-vingt-dix, la quasi-totalité des pays d’Afrique noire sont sous injonctions des politiques d’ajustements structurels (PAS).

Par conséquent, revendiquer l’égalité des droits et la justice sociale, revenait à contester les politiques publiques appliquées sous la férule du FMI et de la Banque Mondiale, qui se caractérisaient par des coupes dans les budgets de santé, la diminution des bourses d’études, la réduction drastique des salaires des fonctionnaires… Et plus pernicieux encore, c’est qu’en renonçant à poser le débat, on renonce également à poser le problème de la responsabilité des anciens dirigeants et de leurs créanciers, qui ont prêté des fonds, souvent détournés avec leur propre complicité, à des régimes dont ils ne pouvaient ignorer l’illégitimité.

Ainsi, la fameuse « Communauté internationale » a appuyé l’idée que les transitions devraient être conduites par des hauts fonctionnaires, généralement financiers, dont la plupart furent acquis au dogme néolibéral et issus des institutions de Bretton Woods, c’est le cas d’André Milongo au Congo-Brazzaville, de Nicéphore Soglo au Bénin et d’Alassane Ouattara en Côte d’Ivoire.

Le cadre tracé par ces gouvernements de transition mené dans l’esprit des politiques inspirées par Washington, a tellement imprégné l’élite politique, bien au-delà de ces transitions qu’il n’est pas rare d’entendre d’anciens premiers ministres, tirer fierté pour avoir juste réussi à signer une lettre d’intention avec le FMI, alors que durant tout leur mandat aucune nouvelle école, ni centre de santé n’ont été construits.

Ces transitions, menées cahin-caha jusqu’à leurs termes, ont adopté les règles de compétition politique dans les années quatre-vingt-dix.

2.      Les nouvelles règles de compétition politique issues de l’alternance démocratique des années quatre-vingt-dix

Le consensus dégagé durant les transitions a vidé le débat politique de tout contenu idéologique. Les revendications d’égalité et de justice sociales qui auraient conduit à la contestation des politiques publiques assujetties aux injonctions du FMI, d’une part, le renoncement de la reconquête de la souveraineté (fermeture des bases militaires, reprise du contrôle monétaire et des ressources stratégiques comme le pétrole par exemple), d’autre part, ont rendu les partis politiques sans identité, en dépit des professions de foi auxquelles personne ne croit.

Le triomphe de l’électoralisme est devenu le principal moteur de la vie politique dite démocratique, utilisant de l’attrait des revendications démocratiques pour mobiliser les populations sur des bases ethno-régionalistes. Ainsi, les identités politiques se confondent avec les identités ethniques, et cela n’inquiète nullement le personnel politique, avide du pouvoir pour le pouvoir alors même que Boganda dans la citation ci-haut avait prévenu contre les dangers de la division.

Dans le cas du Congo-Brazzaville, le multipartisme a accouché d’une pléthore de partis politiques sans assise sociale. Avec 3 millions d’habitants, le pays ne compte pas moins de 300 partis politiques, quasiment tous claniques, familiaux, tribaux, régionaux…

Le vagabondage et la transhumance politiques sont poussés à l’extrême avec des alliances contre nature, même après avoir incité des populations sur des bases tribales et ethniques à s’affronter, les armes à la main, on n’hésite pas, sans préalable, sans explication, à se remettre ensemble, soit dans le cadre des gouvernements dits d’union nationale ou de salut public, soit dans le cadre d’une nouvelle conquête du pouvoir.

La composition actuelle de la classe politique congolaise, pouvoir comme opposition, en est la parfaite illustration. Les rivaux d’hier, qui ont incité les populations à s’affronter par milices interposées, se retrouvent soit en  alliance au pouvoir ou dans l’opposition en vue de la conservation du pouvoir pour les uns ou de la conquête du pouvoir pour les autres, sans s’expliquer sur les attitudes guerrières d’hier, quand bien même nombre des victimes sont encore de ce monde.

Toujours dans le cas du Congo-Brazzaville, deux cas illustrent parfaitement l’abandon par la classe politique de la lutte pour l’égalité des droits et la reconquête de la souveraineté nationale (Franc CFA, contrôle des ressources stratégiques comme le pétrole…).

De 1993 à 1996, alors que Joachim Yhombi-Opango est Premier ministre de Pascal Lissouba, le gouvernement congolais, sous injonction du FMI, privilégie le remboursement des dettes illégitimes au détriment de mesures sociales. Cela se traduit par la paupérisation des populations.

L’opposition congolaise n’a jamais mobilisé ses partisans à s’opposer fermement contre ces violations de droits des plus faibles alors que les responsables tant nationaux qu’internationaux de ces dettes odieuses n’ont jamais été sanctionnés. Dans le même temps, la contestation des résultats des élections législatives anticipées l’a conduite, à organiser des marches violentes au point de paralyser le pays.

Un autre fait relatif à l’abandon de souveraineté par la classe politique nationale est la dévaluation unilatérale du Franc CFA par le gouvernement français en 1994. Cette mesure, aux conséquences sociales terribles par le doublement brutal des prix des denrées alimentaires de base, a mis a nu la fiction d’une souveraineté tant vantée.

Là aussi, l’opposition congolaise, n’en a quasiment fait aucune revendication essentielle pour pousser le régime à mettre fin à cette répression monétaire. Cependant, la même opposition s’est livrée à une bataille à mort contre le pouvoir lorsque ce dernier lui a interdit l’ouverture d’une station de radio propre pour communiquer avec ses militants.

Pendant que la classe politique s’acharne sur les règles de compétition politique, les inégalités sociales s’accroissent et la souveraineté nationale bafouée, l’ancienne puissance coloniale poursuit tranquillement l’exploitation des richesses nationales. Et face à un personnel politique étourdi et préoccupé par des enjeux subalternes, l’ancienne puissance coloniale, observe et choisit le plus apte à lui assurer l’exploitation des ressources comme au temps de la colonisation. C’est le sens de la guerre de 1997 où le plus apte à garantir les intérêts de l’ancienne puissance coloniale a été choisi. D’où l’impasse d’aujourd’hui.

La lutte pour l’alternance démocratique a montré ses limites. Renoncer à s’attaquer aux problèmes de fond, conduit à discréditer l’ensemble de la classe politique. À ce jeu, les acteurs du changement ont perdu la main, au point de voir revenir aux affaires ceux qui ont été décriés hier par le Peuple.

 IV.            La reconquête de la souveraineté et l’Unité politique sous-régionale et panafricaine comme issue durable à l’impasse actuelle…

Le drame de l’Afrique, aujourd’hui, réside dans le reniement de la réalité par son élite politique. Est-il possible de réaliser les promesses faites aux populations avec des fictions d’États et des souverainetés illusoires, face aux masses géostratégiques de combats que sont les États-Unis d’Amérique, l’Union européenne, la Russie, l’Inde ou la Chine ?

D’un point de vue historique, deux questions se sont toujours posées aux Africains et  qui déterminent les conditions de sortie de l’impasse historique. Nombre de nos leaders, de Kwame Nkrumah à Cheikh Anta Diop en passant par Barthélemy Boganda, s’y sont penchés et ont laissé des testaments, qui ont valeur de boussole aujourd’hui. Ces deux questions sont :

-       la question de la libération

-       la question de l’unité

C’est pourquoi la reconquête de la Souveraineté nationale est une condition nécessaire, et non suffisante, tant qu’elle n’est pas, en même temps, accompagnée par la construction d’une Unité politique d’Afrique Centrale, partant d’Afrique noire.

1.      La reconquête de la souveraineté comme solution aux impasses actuelles

Nous l’avons montré plus haut, l’alternance démocratique comme seule revendication, a largement montré ses limites. Cette conception politique nous a conduits à des impasses au point de remettre au pouvoir le personnel politique décrié hier.

En outre, le cas du Congo a montré que la stabilité politique du pays est fondamentalement liée au contrôle des ressources stratégiques (le pétrole). Or, poser le problème de la souveraineté politique, permet aux populations d’identifier concrètement où se situe la cause des problèmes qui les assaillent au quotidien.

Engager le combat pour la souveraineté, permet au Peuple d’identifier dans l’élite politique, laquelle est réellement patriotique, en même temps, dans ce combat collectif, l’Unité du Peuple se réalise progressivement. Sinon, comment veut-on donner au Peuple une conscience collective lorsqu’il ne se trouve pas un héritage et des acquis politiques, sociaux obtenus de façon collective ?

Le combat pour la Souveraineté est un formidable antidote contre le tribalisme, d’autant qu’il pose le problème au niveau des intérêts supérieurs qui transcendent tous les clivages.

La Souveraineté acquise, est-ce qu’un pays africain est capable aujourd’hui de jouir de son indépendance durablement de façon isolée ?

2.      De l’Unité politique d’Afrique Centrale à l’État fédéral africain

L’année 2011, a été riche en évènements pour montrer à quel point, un État africain pris isolement, reste une proie à la portée des grandes puissances. Les cas ivoirien et libyen sont assez récents pour le rappeler à tous.

Barthélemy Boganda déclarait, je cite : « (…) L’indépendance dans l’isolement est une dangereuse illusion. Notre unité sera la condition sine qua non de notre indépendance. Voilà pourquoi les partisans de l’indépendance sont aussi les partisans de l’unité de l’Afrique centrale. La création de plusieurs États aéfiens est un suicide »

Cette vérité simple doit nous ramener à plus de réalisme. Un seul pays d’Afrique noire, dans l’état actuel du monde, ne peut assurer seul son développement de façon durable. L’Afrique Centrale, en tant qu’espace politique vital de l’Afrique noire, doit servir de base de lancement à un projet politique continental.

Par conséquent, la Ligue Panafricaine du Congo – UMOJA, exhorte les participants à ce Colloque à s’engager dans un projet commun, qui consiste à donner un contenu à la fois souverainiste et panafricain aux revendications d’alternance démocratique.

Si chaque territoire a des revendications spécifiques, nous avons tant de domaines en commun qui conditionnent non seulement notre stabilité immédiate, mais aussi la viabilité de nos États au vu des exigences du monde contemporain.

C’est le sens de notre action politique.

Nous aurons l’occasion de revenir dans les détails sur différents points, lors des échanges.

Je vous remercie.

Montreuil,

Le 9 juin 2012.

Pour la Ligue Panafricaine du Congo – UMOJA (LPC-U)

Henda Diogène Senny

Secrétaire Général de la LPC-U

 

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